Le docteur Edward BachMédecin visionnaire, le docteur Bach découvre sa fameuse thérapie à base d’élixirs floraux lors d’un révélation mystique en pleine campagne galloise. Nous sommes au printemps 1930, Edward Bach, alors âgé de 44 ans, se promène de bon matin dans les champs lorsqu’il est foudroyé par une évidence : les gouttes de rosée sur les pétales des fleurs renferment les propriétés thérapeutiques de la plante grâce à la chaleur du soleil. Utilisant son intuition hors du commun, il se met alors à identifier des fleurs capables de guérir aussi bien l’âme que le corps. Il en trouvera 38, chacune correspondant à un profil psychologique particulier et aux pathologies associées. Les fleurs de Bach étaient nées !

Cet événement pourrait aisément faire passer le Dr Bach pour un doux illuminé, sachant qu’il possédait également des intuitions prémonitoires ainsi que des dons guérisseurs. Mais ce mystique laïque – il a hésité un temps à entrer dans les ordres – est aussi doté d’un esprit rigoureux.

Un scientifique chevronné

Il suit brillamment son cursus de médecine et se spéciale en immunologie. Très vite, il fait le rapprochement entre la quantité de germes présents dans les intestins des patients et leurs maladies chroniques. Il se fait d’ailleurs connaître en inventant des vaccins fabriqués à partir des propres germes intestinaux des malades. Ces derniers sont tellement efficaces que lors de la terrible épidémie de grippe de 1918, il est officieusement autorisé à les inoculer aux soldats et sauve ainsi des milliers de vies. Cet événement le consolera un peu d’avoir été réformé en raison de sa faible constitution. Il tombe d’ailleurs dans le coma en 1917 suite à une hémorragie due au surmenage.

On ne lui donne que trois mois à vivre … Désireux d’achever sa mission terrestre, il se remet au travail avec plus d’acharnement encore. Mais contre toute attente, il n’a jamais été aussi en forme ! Il réalise à quel point le mental est déterminant dans la guérison et change totalement sa manière d’appréhender la maladie. En 1918, il obtient le poste de bactériologiste à l’Hôpital homéopathique de Londres. La découverte de cette discipline avec la lecture de l’ «Organon », la doctrine homéopathique de Samuel Hahnemann, est un véritable choc. Il y retrouve la plupart de ses théories, notamment le fait que la guérison repose sur le traitement du malade et non de la maladie. Il décide alors de combiner les méthodes du grand homme aux siennes. Il fabrique dorénavant ses vaccins de germes intestinaux selon la technique homéopathique, les administre par voie buccale, et traite ses patients en fonction de leur profil psychologique. Les résultats obtenus dépassent ses espérances et son cabinet ne désemplit pas. Et pourtant, il reste insatisfait.

En effet, durant toutes ces années londoniennes, le Dr Bach ne s’est jamais senti tout à fait à sa place. Ayant développé dès l’enfance une relation particulièrement intime avec le monde végétal, il doit se réfréner en permanence pour ne pas suivre son instinct qui le pousse vers la nature.

Les voies simples de la nature

En 1930, peu avant sa fameuse révélation, il sent s’éveiller en lui une nouvelle sensation, une sorte d’inspiration divine qu’il apparent à la vraie sagesse. Guidé par cette force, il abandonne son poste prestigieux et sa vie londonienne Elixirs de fleurspour retourner aux voies simples de la nature. Véritable vagabond, il va durant quatre ans sillonner l’Angleterre à la recherche de nouvelles plantes pour ses élixirs.

Considérant son pouvoir de guérison comme un don de Dieu, il dispense ses conseils gratuitement, et vit très modestement. Il écrit également plusieurs livres, désireux de partager ses découvertes. En avril 1934, il s’installe dans la vallée de la Tamise, et achète une petite maison. Vers la fin de sa vie, il devient une sorte de mystique, littéralement possédé physiquement et de manière très violente par les symptômes de la maladie, ce qui lui permet de trouver la fleur entraînant sa guérison. Bien que nécessaires à la découverte de nouveaux remèdes, ces états extrêmes l’épuisent littéralement. Peu après avoir trouvé son trente-huitième et dernier élixir, il s’éteint à bout de force. Il n’a que 50 ans mais sa mission est accomplie.

Source : Mensuel "''Plantes & Santé''" n° 108 – décembre 2010 – Rubrique biographie - Auteure : Benoîte Taffin